Pompano : un tour de piste

Lors du début de séjour, j’avais contacté une école à North Perry pour un vol. Grosse déception, accueil peu convivial, vacation radio incompréhensible. J’avais abandonné l’idée de voler à nouveau aux US. Le virus revenant, une rechute bien compréhensible, j’ai changé de plateforme et à Pompano Beach Airfield, j’ai trouvé chaussure à mon pied, pardon, école répondant à mes attentes : American Flyers. Un vol d’une heure précédée d’un tour de simulateur. Cinq écrans pour le paysage, un pour l’instructeur et un dernier pour le tableau de bord. Je ne sais pas combien cela coûte mais, même simplifié, un truc comme ça au club, ce serait TOP.

20 minutes, je suis ressorti fourbu, transpirant et l’instructeur n’a pas provoqué de pannes.

Tu sors de là comment si le mec à droite est un vicieux qui de provoque panne sur panne.

Les initiés connaissent le Mooney immatriculé N4100H et bien voici le Cesna 172 anagramme du Mooney. L’avion devait m’attendre.Plein de carburant, météo, cartes VAC et région, pré-vol complet, cette fois, ce n’est pas un attrape pigeon, c’est du PRO, un vrai vol. Une attitude pleine d’écoute et de pédagogie, tout pour me rassurer.

Mon instructeur, fort compassionnel au demeurant, m’a fait une farce : arrivé au point d’arrêt, juste avant de s’aligner pour décoller, il m’a fait faire l’annonce de « Prêt au départ ». Par pure précaution, avec son aide, j’ai refait la séquence à blanc, peste que le micro en « pas français » est intimidant. Va vraiment falloir que je me mette dans la tête la phraséologie US.

Une fois la requête faite, « Clear for Take Off » me dit la tour.

« November one four zero-zero Hotel Clear for Take Off » que je lui réponds, j’aligne, je pousse la manette des gaz, du pied à droite mais pas trop ce truc est moins sensible que mon CTLS, pas de flaps, à 55kt rotation, c’est parti. Je ne causerai plus à la radio, je pilote, cela occupe 99% de l’éponge entre mes oreilles, le 1% restant est mobilisé pour profiter de la vue.

Peste qu’il est lourd de Cesna 172, peste que je n’aime pas ces tableaux de bord électroniques.

C’est parti face à l’EST pour un tour le long de la plage à 500′ max suivi d’une séance de mania et trois, oui trois posers. Météo venteuse surtout vers la fin, en revanche, visi de rêve.

Entre le continent et la mer on trouve l’Intercoastal Waterway et une ile cossue qui s’étend sur plusieurs kilomètres, pardon plusieurs miles nautiques.

Des immeubles en front de mer, le mètre carré y est hors de prix, alors on monte les étages les uns sur les autres. De l’habitat horizontal partout ailleurs.

Et comme nous allons croiser les axes d’un aéroport international, altitude imposée 500′ max, presque plus bas que le toit des gratte-ciels.

On croise les axes, Fort Lauderdale International c’est la tache blanche sous l’aile. Les avions au décollage passent un millier de pieds au dessus, ils sont joueurs ces contrôleurs, moi je serre un peu les fesses, en France, je ne sais pas si j’aurais eu l’autorisation.

Après un peu de mania sur l’eau à 2500′, retour pour trois tours de piste. Belles plages, pas la foule. Il faut dire que la météo est venteuse, il fait froid, 23°, pas terrible pour lézarder au soleil. Pour se faire une idée de la richesse du coin, il suffit de compter les bateaux de ce petit port. Fort Lauderdale, là-bas au fond, des gratte-ciels, un réseau de canaux dans les marinas avec maisons genre « Dallas ton univers impitoyable », appontements pour le navire de la famille, en dessous de 40′ ton bateau fait prolo, alors ici on fait GROS.

Faudrait que je gagne au loto.

Branche de vent arrière, Down Wind qu’ils disent ici.

Etape de base, numéro trois dans le circuit, même que j’ai compris ce qui disait la tour, je vais moins mal.

Poser dans trois secondes. Ici la biroute est de taille, elle facilite grandement l’approche et la lecture de l’orientation du vent.

Une dernière photo avec mon instructeur, CJ. Un type adorable, un futur pilote pro qui fait ses heures en tant qu’instructeur pour payer ses heures à lui.

En sortant de là, je ne suis pas certain de vouloir passer le PPL ici, mais cela m’a donné une bonne idée de ce qu’est le pilotage d’un « GROS » : c’est mou, il y a de l’inertie à la réponse, finalement c’est moins agréable que mon ULM, ça vole à la même vitesse et côté conso, YAPA photo.

P’tete ben que je vais tenter le LAPL au club, p’tete mais pas encore certain. Et pour le faire il faudrait qu’un instructeur supporte mon mauvais caractère. Je ne voudrais pas me fâcher bêtement avec l’équipe parce que je n’y arrive pas.

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