Corse top… retour heu ben top aussi quand même

Week-end à Calvi épouse, couple d’amis. Location de motos sur place. Seule chose nouvelle : cette années on a emmené les meufs.

Pas bon pour la masse et centrage. Mais mon petit DR360 est une bonne bête de somme, il offre peu de place dans le cockpit, mais en contre partie il ne vous laisse pas en rade sur le vario. Sur les motos même constat nos 660XT si joueuses habituellement sont plus….

Enfin dans le désert des agriates on s’est fait déposé par plusieurs bécanes et là, seule la sagesse peut panser les plaies de l’ego. Plus les épouses qui tapent sur le casque si ça penche trop. On a la vie dure.

De retour, je vois bien qu’il aura des formations orageuses. Je croise toutes les météo possibles et je connais un paquet de sites et autres applis.

Par précaution, car la femme de mon pote a peur, on part une heure avant l’indication du ppr. Je vise un vol facile et agréable (la suite montrera que c’est raté)

Le départ de Calvi est toujours d’une beauté extravagante, le vol VFR dans la splendeur contemplative, essence même de ce qui nous anime.

La traversée maritime est comme d’habitude….. chiante. Mais là avec le côté bleu sur bleu qui amène à travailler les instruments.

Merci Patrice pour les leçons de VSV, mises aussitôt en pratique.

Rien de bien compliqué, on a passé un week-end top en moto sur des route exceptionnelles. Je peux quand même me concentrer 50 minutes sur les aiguilles (et oui pas de PA, par choix un peu, surtout le choix de celui qui ne connaît pas, par moyen aussi, et parce que j’aime mon avion comme il est).

Terre ! Terre ! …. heu…. nuages aussi quand même.

J’avais annoncé à mes gentils passager le transit côtier, j’avais d’ailleurs calculé le truc car c’était une bonne option basse hauteur. 

Mais alors que je faisais comme à la parade ET-ST-… jusqu’à WT. Je voyais bien que sur le pays, c’était nuage et orage plus loin. Bref bien moins bon que mes prévisions.

Sur WT je décide de poursuivre au nord, en montant. Perso je réfléchi mieux on top avec deux réservoir pleins. Je poursuis en contact avec le contrôleur qui m’aide à obtenir des infos meteo. Infos que j’ai d’ailleurs en direct d’un hélico du SAMU qui semble avoir essuyé un orage monstre sur le Ventoux.

Pas de bol, c’est la que je vais, je suis basé à l’aéroport international de Valreas Visan.

Bon je poursuis ma route à l’ouest, mon but c’est intercepter le Rhône très au sud de l’orage.

En fréquence, un VFR semble en difficulté. Il confond complètement ses caps. Le contrôleur l’aide. Il passe IMC. Merde !

La tension monte, dans le cockpit, sur la fréquence, dans ma tête en tout cas.

Le contrôleur fait le job. Lui rappelle les réflexes du VSV, lui donne des caps, des altitudes.

Il est présent le mec, il est concerné, il va le sortir de la.

Je n’en sais pas plus. Sous mes ailes du broken mais en dessous la Durance est dégagée je l’annonce on contrôleur qui, dans ses conseils, lui dit de suivre la rivière.

De mon côté, je m’approche d’Avignon. Je me mets en descente , pour tenter un basse hauteur sous la couche sur le Rhône.

Mais l’enclume plate qui m’attend sent trop le piège. Je décide, on va se poser. J’ai une règle perso, elle vaut ce qu’elle vaut. Quand tu as pris une décision périlleuse, la deuxième doit être sécuritaire.

Or le on top en direct de la crasse, c’était la première. Donc on ne passera pas sous la couche à Avignon.

On pose à Nîmes qui est dégagé. On reste 2 heures, dans un terminal plein de passagers Ryan air pour le Maroc. Le prévisionniste météo France m’a conforté dans l’attente. Et un coup de fil à Patrice qui regarde par la fenêtre me rassure. (Il me dira après coup qu’en fait il était au cinoche, c’est pour ça qu’il chuchotait et qu’il avait aucune idée de la météo, comme dit mon pote motard, le mouillé c’est dans la tête)

On repart et on pose à Visan, presque tranquille.

Je ne veux pas faire un retour d’expérience, ce n’est le but de ce petit texte. Mais saluer nos contrôleurs. 

Ils sont professionnels parmi des professionnels dans un monde de professionnels. Mais parce qu’un petit avion VFR qui n’aurait jamais dû être là exprime son besoin de liberté, une passion ludique, on sent une confrontation entre le monde de la nécessité et du besoin et celui de la futilité et du loisir.

Pourtant le contrôleur et là, à côté, comme le type qui prend soin de l’oiseau qui s’est pété la gueule et qui veut repartir. Alors que s’il crève au bord du chemin, cela ne changera pas la face du monde.

Alors messieurs et mesdames (car sans faire de statistiques j’ai l’impression que ce n’est pas le pire job question parité) un gros MERCI. 

Merci pour le soin que vous prenez, de petits pilotes comme moi, qui cherchent juste à s’émerveiller en l’air, qui butinent, babillent et parfois se retrouvent dans de grosses situations à la con. 

MERCI pour votre prévenance, votre aide sans poser de questions 

(et ben comment t es assez con pour t être foutu la ? Tu pouvais pas rester devant la télé comme tout le monde ? Ça te fait plaisir de te dire que tu vas finir comme une merde en faisant un cratère dans la planète ?)

J’ose espérer que j’entendrai pas de mauvaise nouvelle d’un avion près du Lubéron sur la Durance, qui s’est retrouvé IMC 2000ft en direction du relief.

Mais son ange gardien avait viré tous les avions de la fréquence pour ne s’occuper que de lui. Je suis sur qu’il a réussit à refaire partir le petit oiseau.

FGMJE, je quitte la fréquence.

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